
Je sais depuis longtemps que plusieurs militants solidaires sont aux commandes des OUI Québec, et ce, jusqu’aux plus hauts échelons. Initialement, je préférais garder le silence, car après tout, je ne voulais pas nuire à l’organisation et sa noble mission de promotion de l’indépendance auprès de la société civile.
Sauf que, suite à la fabrication d’un rapport qui s’attaque inutilement au PQ, force est de constater que les OUI Québec se sont éloignées du travail constructif pour lequel on les appréciait. Bien sûr, recruter des gens fortement associés à un parti n’est pas automatiquement mauvais. Mais à l’évidence, les liens avec QS se sont accumulés au point de créer une dynamique malsaine. Je ne peux pas laisser des gens instrumentaliser un espace qui se voulait rassembleur et consensuel pour le mouvement indépendantiste. Les OUI doivent regagner la crédibilité qu’elles ont perdue.
Sur les neuf membres de l’équipe nationale, j’ai côtoyé au moins trois personnes lors de ma propre implication à Québec solidaire, à laquelle j’ai mis fin il n’y a que quelques mois. Prenez par exemple Alexandre Boutet Dorval, directeur général et premier salarié à temps plein des OUI Québec. Cet homme est toujours l’un des plus proches alliés de Sol Zanetti, et il était récemment membre du comité de coordination solidaire de Jean-Lesage. Ou bien prenez Alex Valiquette, responsable des communications et deuxième salarié des OUI Québec, de même que Mirabelle Leins, responsable des communications numériques. Ces deux sympathisants solidaires étaient des nôtres lors de la fête de l’équipe de campagne de Zanetti, au terme de la course au co-porte-parolat. Leins, en particulier, était même co-responsable des communications pour notre équipe, et je sais qu’elle a ensuite essayé de se trouver un emploi à l’aile parlementaire de QS.
Aux tables régionales des OUI-Québec, les choses ne semblent guère mieux. J’ai notamment appris que la table régionale de Capitale-Nationale–Chaudière-Appalaches est remplie de solidaires, dont Thomas Vigneault, Julien Gaudreau et Patrice Vachon, qui ont tous des postes élus tout en faisant partie de la garde rapprochée de Zanetti, au même titre qu’Alexandre Boutet Dorval. Vachon est même l’actuel président de l’instance.
Alors que le PQ a le vent dans les voiles et que QS gratte les bas-fonds des sondages, on peut comprendre que certains solidaires indépendantistes veuillent migrer vers des eaux un peu plus clémentes. Mais ce fait doit amener les OUI à redoubler de vigilance et de rigueur. Or, le rapport qui vient d’être dévoilé démontre que cette rigueur n’est pas au rendez-vous.
Sans égard aux (nombreuses) questions méthodologiques soulevées par ce document, celui-ci n’aurait jamais été publié par un groupe transpartisan réellement neutre. La campagne négative de cette semaine, peu importe ses réels motifs, s’immisce de facto dans les élections provinciales cette année. Pire encore, ses insinuations sont teintées d’un biais évident. Le PQ a été très clair sur le fait qu’il voyait l’immigration comme une richesse. Voir les politiques migratoires péquistes comme un geste de fermeture ne fait que reprendre mot pour mot le discours hostile d’un Québec solidaire qui cherche désespérément à polariser le mouvement indépendantiste afin de survivre et de se démarquer.
Les OUI Québec ne peuvent pas et ne doivent pas devenir un think thank solidaire. Il est urgent d’effectuer un changement de cap dès maintenant.
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