Sol Zanetti et son projet secret d’une alliance avec le PQ en 2026

Jusqu’en février 2024, Sol Zanetti planifiait secrètement un plaidoyer d’alliance avec le PQ

Le projet s’était développé sur plusieurs mois, à la suite de discussions confidentielles avec quelques membres de sa garde rapprochée.

En fin 2023, un conseiller de Zanetti rédige un texte intitulé « L’Élection de la dernière chance », qu’il partage au reste de l’aile parlementaire. Selon cet argumentaire, QS doit absolument proposer un projet de coalition avec le PQ. Cette voie représenterait, pour les solidaires, leur seule chance d’élire un gouvernement indépendantiste capable de contribuer concrètement à la lutte aux changements climatiques.

« L’Élection de la dernière chance » bénéficiait de l’appui enthousiaste de Zanetti. Il représentait le point de départ des discussions subséquentes, et c’est à partir de lui qu’il était prévu de publier un manifeste.

Ce qui frappe le plus dans ce texte, c’est la critique de ce que Québec solidaire deviendrait s’il refusait toute alliance : « Nous parlons d’urgence climatique mais nous n’agissons pas comme si elle était réelle. Nous lançons des slogans comme « Maintenant ou jamais » mais nous semblons réfléchir à des stratégies comme si la prise de pouvoir pouvait être un objectif lointain. […] [S]i notre élection avait 0,001% de chances de changer la donne, en montrant au monde l’exemple d’un gouvernement qui prend réellement au sérieux l’urgence climatique, n’est-il pas de notre devoir de tout faire pour y arriver? […] Il faut absolument viser le pouvoir en 2026 ; l’opposition officielle serait notre tombe. »

Autre admission intéressante : le fait que l’indépendance et le nationalisme sont davantage une force du PQ. C’est pourquoi le texte s’empresse de suggérer une alliance ayant deux priorités : l’indépendance et l’écologie. Une feuille de route est même proposée pour d’éventuelles négociations. On peut notamment y lire :  « Nos plateformes étant déjà très semblables sauf sur le point d’achoppement concernant la laïcité et l’immigration, il faudrait trouver un compromis, qui pourrait ressembler au retour à Bouchard-Taylor pour la loi 21 et au statu quo pour les seuils d’immigration. »

Il est toutefois précisé qu’un « critère déterminant pour le succès d’une alliance est la perception d’un rapport de force équitable ou d’un égal besoin l’un de l’autre. » Aujourd’hui, bien sûr, un tel rapport de force n’existe pas, ce qui a certainement contribué à enterrer le projet. Néanmoins, l’urgence climatique n’en est pas moins présente, tout comme l’occasion de réaliser l’indépendance, grâce à la montée d’un Parti québécois qui promet encore un référendum. Sol Zanetti est-il vraiment heureux de demeurer dans un parti marginal qui, contrairement au PQ, n’a aucune chance d’appliquer un programme indépendantiste et écologiste? Face à « un mode de scrutin qui favorise structurellement le bipartisme », ne devrait-on pas saisir l’occasion de faire une différence?

« Nos divergences d’opinions et de façons de faire se révéleront être une force pour additionner les votes dont nous avons besoin pour procéder à la transition écologique et mettre en branle le projet de pays qui la rendra possible.

C’est notre seule chance. C’est notre dernière chance. »

Pour voir le texte intégral de L’Élection de la dernière chance, cliquer ici.

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